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Shine, banque en ligne pour les indépendants

Au sein de la Bande, on teste de nouveaux outils, on découvre de nouvelles pratiques et surtout, on les partage entre-nous ! Ce mois-ci, c’est Gaëtan qui nous livre son retour d’expérience sur l’application Shine.

Après 4 ans en tant que salarié en agences de com’ et web en tant qu’UI Designer et intégrateur, en septembre 2018, je décidais de faire le grand saut en me lançant à mon compte après une rupture conventionnelle. S’est alors posée la question du démarrage de mon activité : par où on commence ? De quoi aurais-je vraiment besoin ? Comment allais-je conduire cette activité au quotidien ?

Un fastidieux travail de collecte d’informations a alors débuté pour moi ! Après avoir effectué ce travail de recherche, j’ai pu y voir plus clair sur les différentes étapes qui se présentaient. Pour commencer à facturer, il me faudrait donc remplir 2 pré-requis :

  • Créer mon statut de micro-entreprise
  • Ouvrir un compte bancaire dédiée à mon activité

Entendez-moi bien, je n’ai volontairement pas parlé de “compte professionnel” car c’est surtout une appellation “marketée” des banques pour vous vendre un compte bancaire plus cher. En tant que micro-entrepreneur, la loi vous oblige seulement à avoir un compte distinct de celui de votre compte courant. Point.

Étant le genre de type quelque peu fébrile dès qu’il reçoit une lettre dont l’enveloppe comporte une Marianne ou le logo de la République Française, j’ai pris le temps de consulter les quelques camarades déjà lancé à leur compte. Trois d’entre eux m’ont conseillé de me renseigner sur la néo-banque “Shine”. J’ai suivi leur conseil.

Voici donc mon retour d’expérience sur cette application notée 4.9/5 sur le Google Play Store et qui a récemment fêté son premier anniversaire.

 

“Avec mon banquier, on s’envoie
des Gifs débiles”

Premier constat lors de la création de mon compte sur l’application : je découvre qu’en plus de me fournir une carte bancaire dédiée à mon activité, proposer des outils pour créer des factures et lister mes clients, un blog riche en fiches didactiques, un simulateur de revenus, etc.

Mais surtout, Shine va automatiser la plupart des étapes de création de ma micro-entreprise. Grâce à un processus in-app plutôt bien rodé (à l’époque l’application n’existait que depuis 6 mois) consistant à envoyer des pièces justificatives et informations, cette première étape laisse entendre que l’aventure sera simple. Oui et non.

Au premier couac administratif, je consulte la rubrique “aides”. Je démarre alors une conversation sur plusieurs jours avec un prénommé “Paul”. Le ton est amical, décomplexé tout en étant avisé en conseil. Au bout d’un moment, la conversation devient même franchement drôle, Paul et moi échangeons des Gifs animés absurdes en tentant de solutionner mon problème. Et là, je prends conscience que Paul est l’équivalent rigolo et abordable du conseiller bancaire avec qui je pourrais prendre RDV dans ma banque habituelle.

J’aime l’idée que ma (néo-)banque abolisse un formalisme lourdingue et de circonstance tout en étant quand même professionnelle. Je sens bien que la personne avec qui j’échange est davantage un profil “digital” qu’un trader.

La prise en main de l’application ne prend que quelques heures le temps de découvrir tous les écrans. Ma déformation professionnelle est réceptive au design soigné et aux illustrations chaleureuses en aplats de l’appli.

 

“Un outil sur mobile pour la facturation ?!”

À force d’utilisation, je finis par identifier un premier bémol : je constate que la partie “gestion client & facturation” ne vaut pas (encore) les fonctionnalités d’un vrai outil de CRM (outil de gestion de la relation client) dédié, comme on peut en trouver en ligne.

L’application permet certes de renseigner rapidement de nouveaux clients grâce à une auto-complétion bien sentie mais, définitivement, je ne me sens pas à l’aise pour éditer des devis et factures sur une application mobile, vue toute la charge cognitive que l’exercice me réclame. Sur ce point, je n’ai donc pas confié ma gestion clients et l’édition de mes devis / factures d’acompte / factures de solde à l’application, préférant passer par un outil dédié pour cela. Et Dieu sait que j’aime l’idée de centraliser mes outils au même endroit ! Allons Shine, ne me décevez pas, je compte sur vous pour améliorer ça !

 

Car c’est là le principal défaut de Shine à l’heure actuelle : tout se passe sur l’application mobile. Une version consultable sur le navigateur de votre ordinateur (ou “desktop” comme disent les jeunes) est à ce jour encore en préparation (tout comme la possibilité d’encaisser des chèques bancaires, deuxième défaut majeur).

En dehors de cela, et après 6 mois d’utilisation, j’ai réussi à développer des réflexes très sains d’un point de vue comptable grâce à Shine : l’application me prévient lorsque j’ai une dépense professionnelle et insiste jusqu’à ce que je lie un reçu à cette dépense.

Deuxième “bonne pratique” transmise par Shine : ils me font une estimation en tant réel des cotisations sociales que je devrais payer mensuellement, le calcul tenant compte des dernières rentrées d’argent et du fait que je dispose de l’ACCRE (prochainement rebaptisé “ACRE”).

En soi, cela résout déjà en grande partie la promesse des fondateurs : être une néo-banque pensée pour (et par) les indépendants. L’un des fondateurs a lui-même été freelance avant que Shine ne naisse. C’est – comme souvent – en partant du constat d’un manque de facilité à ce niveau, qu’est née la startup.

Un premier anniversaire et un nouveau modèle économique en Mars 2019 !

Argument massue dans mon choix de me tourner vers Shine à l’époque : le prix (forcément !). En ce temps, la startup se rémunérait essentiellement grâce à un système de commissions et taxes fixes en fonction de vos mouvements bancaires “atypiques” listés dans un tableau.

 

 

Avec une utilisation standard, la seule fois où j’ai été débité de frais a été quand j’ai acheté une licence de logiciel aux USA (et mon chiffre d’affaire s’en est largement remis rassurez-vous, puisque j’ai dû être ponctionné d’environ 2€ au total).

En Mars 2019, je reçois un message “système” d’Aurore de Shine me prévenant que Shine fête son premier anniversaire et que certaines choses vont changer pour eux mais pas nécessairement pour moi. Comprenez : Shine fait évoluer son modèle économique pour assurer sa survie et sa croissance future, en proposant un système d’abonnement mensuel à ses utilisateurs. Abonnement dont sont dispensés ses utilisateurs “fondateurs” de sa communauté comme Shine les appelle.

 

Difficile de vous dire si avec ce changement de modèle (qui ne m’impacte pas encore), la donne aurait changé lors de mon choix de me tourner vers une banque en ligne. Plusieurs startups se tirent aujourd’hui la bourre sur ce créneau (comme N26 et Qonto pour citer les principaux concurrents), les différences tarifaires et d’options incluses (ou non) sont parfois subtiles.

Je peux simplement affirmer que Shine a très bien compris l’importance d’une expérience utilisateur réussie, de leur rôle de conseillers pour des utilisateurs qui sont souvent à un moment de fébrilité dans leur parcours professionnel. Je vous laisse trancher la valeur monétaire à accorder à un tel ADN et des promesses d’améliorations sur lesquelles la jeune startup planche – à n’en pas douter – activement !

PS (quelques semaines après la rédaction de l’article) : Et pour cause ! Le 18 Avril 2019, Shine publiait sur son blog, un article “feuille de route” pour les mois à venir concernant son produit. Améliorations parmis lesquelles :

  • la possibilité d’encaisser les chèques
  • une version “ordinateur / Web ” qui va s’étoffer progressivement (avec au départ, les fonctionnalités de base comme “historiques”, “solde”, etc.)
  • une homogénéisation du design de l’application avec cette future version “ordinateur”
  • une meilleure gestion comptable, câblée sur leur outil d’édition de factures, qui sera – lui-aussi – amélioré
  • divers autres améliorations toutes aussi prometteuses
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